Financer ses études au Canada grâce aux assistanats et contrats de recherche : mode d'emploi
Financer ses études au Canada peut sembler un défi de taille, surtout en tant qu'étudiant international. Pourtant, une solution souvent méconnue existe directement au sein de ton université : les assistanats de recherche et les postes d'auxiliaire d'enseignement. Ces contrats offrent une rémunération stable, une expérience précieuse et, bonne nouvelle, un statut particulier qui simplifie les questions de permis de travail.
Assistanat de recherche et auxiliaire d'enseignement : quelle différence ?
Avant de te lancer, il est important de bien distinguer les deux types de postes.
L'assistant de recherche (AR)
L'assistant de recherche travaille directement sous la supervision d'un professeur ou d'un chercheur. Ses missions peuvent inclure la collecte et l'analyse de données, la revue de littérature scientifique, la rédaction de rapports ou la participation à des projets financés par des organismes comme le CRSH, le CRSNG ou les IRSC. Ce poste est particulièrement répandu dans les programmes de maîtrise et de doctorat.
L'auxiliaire d'enseignement (AE)
L'auxiliaire d'enseignement, souvent appelé Teaching Assistant (TA), assiste les professeurs dans leurs cours. Cela peut inclure l'animation de séminaires, la correction de travaux, la surveillance d'examens ou l'encadrement d'étudiants de premier cycle. Ce poste est accessible dès la maîtrise dans la majorité des universités canadiennes.
Combien peut-on gagner grâce à ces postes ?
La rémunération varie selon l'université, la province et le niveau d'études, mais voici une fourchette représentative :
- Auxiliaire d'enseignement : entre 18 $ et 35 $ de l'heure, selon l'établissement et la convention collective en vigueur.
- Assistant de recherche : entre 15 000 $ et 25 000 $ par an pour un poste à temps partiel en maîtrise, et potentiellement plus en doctorat.
Dans de nombreuses universités, notamment à l'Université de Montréal, à McGill ou à l'Université de Toronto, ces postes sont encadrés par des syndicats étudiants, ce qui garantit des conditions de travail et des salaires minimums négociés collectivement. Certains programmes de doctorat intègrent même ces financements directement dans leur offre d'admission, sous forme de « package » incluant frais de scolarité réduits et allocation mensuelle.
Comment décrocher un poste d'assistant ou d'auxiliaire ?
Obtenir un assistanat demande une démarche proactive. Voici les étapes clés :
1. Cibler les bons professeurs
Renseigne-toi sur les axes de recherche des professeurs de ton département avant même de postuler à l'université. Un email personnalisé, montrant que tu as lu leurs travaux, fait souvent la différence. N'attends pas forcément qu'une offre soit publiée officiellement.
2. Utiliser les plateformes internes
La plupart des universités publient leurs offres d'assistanat sur leur portail carrière interne (Workday, Taleo, etc.) ou directement sur les sites des départements. Consulte-les régulièrement dès ton arrivée.
3. Soigner ton dossier
Prépare un CV académique mettant en valeur tes compétences en recherche, tes publications éventuelles, tes expériences pédagogiques et tes compétences linguistiques. Une lettre de motivation ciblée est souvent requise.
4. Passer par ton directeur de thèse ou de mémoire
Pour les étudiants aux cycles supérieurs, c'est souvent le directeur de recherche qui attribue directement les postes d'assistanat à ses étudiants. Exprimer clairement ta motivation lors de tes échanges peut suffire à décrocher le poste.
Quel impact sur ton permis de travail ?
C'est l'une des questions les plus fréquentes, et la réponse est rassurante. En tant qu'étudiant international titulaire d'un permis d'études valide dans un établissement désigné (DLI), tu peux travailler sur le campus sans restriction d'heures, et ce sans avoir besoin d'un permis de travail supplémentaire. Les postes d'assistant de recherche et d'auxiliaire d'enseignement sont considérés comme du travail sur le campus, car ils sont directement liés à ton établissement d'enseignement.
En dehors des périodes de cours (vacances scolaires, été), tu peux également travailler jusqu'à 24 heures par semaine hors campus — ou sans limite si tu bénéficies d'une autorisation spécifique. Il est toujours conseillé de vérifier ta situation personnelle auprès du bureau des affaires étudiantes internationales de ton université, car les règles d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) peuvent évoluer.
Les avantages souvent oubliés
Au-delà du salaire, ces postes présentent des bénéfices concrets pour ton parcours :
- Expérience canadienne valorisée sur le marché du travail local
- Réseau professionnel dans ton domaine d'études
- Amélioration de tes compétences linguistiques, notamment en anglais ou en français selon la province
- Lettres de recommandation de qualité pour la suite de ton parcours académique ou professionnel
Conclusion
Les assistanats de recherche et les postes d'auxiliaire d'enseignement sont parmi les meilleurs outils pour financer tes études au Canada tout en construisant ton expérience. Bien rémunérés, accessibles sans permis de travail additionnel et directement connectés à ton projet académique, ils méritent d'être au cœur de ta stratégie de financement. La clé : anticiper, cibler les bons interlocuteurs et postuler dès le début de ton programme.
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